Tensions entre le Burkina et la Côte d’Ivoire

S’achemine-t-on vers une rupture des relations diplomatiques entre Ouagadougou et Yamoussoukro ? Le froid existant entre les deux capitales s’est renforcé récemment, avec le coup d’Etat perpétré par le Général Gilbert Diendéré et des éléments de l’ex-régiment de sécurité présidentielle (RSP).

Ouagadougou reproche aux autorités ivoiriennes, d’avoir eu, à tout le moins, une sympathie pour les auteurs du coup d’Etat du 17 septembre. Certains responsables de la société civile indiquent avoir attendu, en vain, une condamnation ferme du putsch par « les frères » ivoiriens.

Selon une information non confirmée par la société nationale burkinabè d’électricité, la Côte d’Ivoire a accru sa fourniture d’électricité au Burkina de 40%. Une hausse qui n’a duré que pendant le temps ou les putschistes étaient à la manœuvre au Faso.

Le 1er octobre, à l’heure où le Général Diendéré était convoyé à la gendarmerie nationale, après avoir quitté la nonciature apostolique, toutes les communications téléphoniques entre le Burkina et la Côte d’Ivoire avaient été coupées par le gouvernement intérimaire.

Signe supplémentaire du malaise entre les deux pays, l’armée ivoirienne n’a envoyé aucun représentant à la cérémonie dite de fin du désarmement de l’ex RSP organisé mardi à Ouagadougou.

Dès sa prise de fonctions, le président burkinabè, Michel Kafando, a dit ne pas avoir que des amis en Côte d’Ivoire.

Depuis le départ précipité du pouvoir de Blaise Compaoré, le président Alassane Ouattara ne s’est plus rendu au Burkina Faso.