Shérif le “maquisard” revient

L’information a été donnée à l’issu des travaux du conseil des ministres du 9 mars 2017. L’emblématique Président du conseil national de la Transition (CNT), Moumina Shérif Sy devrait revenir aux affaires. Le conseil des ministres a en effet décidé de la nomination de celui qui est considéré comme l’insurgé en chef, celui qui avait pris le “maquis” pour opérer la résistance au putsch du Général Diendéré, Moumina Shérif Sy comme “haut représentant” du Chef de l’Etat.

Cette fonction de haut représentant sera essentiellement consacrée à représenter le Président du Faso dans certaines missions apprend-on. Dans le contexte actuel du Burkina Faso, on ne pourrait s’empêcher de se demander ce à quoi pourrait signifier la notion de “Haut représentant” pour le Président du Faso. Mais, nul doute que le véritable souci du pays actuellement est lié à la sécurité avec les attaques djihadistes à répétition dans le Sahel. Shérif Sy sera-t-il cet homme de mission pour trouver une solution au Nord ? L’enfant du Général Baba Sy a parcouru le monde depuis son enfance, sur les traces laissées par son père quand il exerçait. Sa fonction de journaliste l’a également conduit dans de nombreux pays et à des grandes rencontres internationales.  Est-ce un carnet d’adresse que le Chef de l’Eta voudrait exploiter ? C’est possible ! Une autre préoccupation est la fronde sociale qui secoue le gouvernement. Shérif sera-t-il l’homme de la situation pour entrer en contact avec le monde syndical ? Pas si certain que cela pourrait paraître ! L’on peut également se poser la question des relations actuelles entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso. Certes, la diplomatie et la Culture sont entrain de prendre le dessus sur la Justice mais cela sera-t-il suffisant ? Shérif devrait-il être celui-là qui prendra le relai pour que la sérénité revienne entre les deux Etats ? Au temps fort de la crise ivoirienne, il vous souviendra du rôle joué par l’actuel président de l’Assemblée en tant qu’envoyé spécial du Président du Faso. Cette expérience se répétera-elle ?

Considéré comme l’une des autorités de la Transition qui aurait été le plus consensuel aux yeux des insurgés, Shérif Sy depuis la fin de la Transition était entré dans le silence, laissant même son “Bendré” entre les mains de jeunes journalistes qui assurent formidablement la relève.  

Ce retour de “El Commandanté” au-delà des missions qui pourraient lui être confiées, sonne comme un appel du Président Kaboré à l’endroit des insurgés, à l’endroit des fils et filles du pays à se retrouver autour de l’essentiel.