Pierre Ouédraogo : « Non, il ne faut pas souiller la mémoire de Inoussa Sankara»

C’est un homme dont le nom reste lié à l’histoire de la presse au Burkina Faso. Premier animateur en langue Mooré, Inoussa Sankara a également été promoteur d’entreprise de radiodiffusion privée.

Aujourd’hui, un groupe de jeunes estime que les apports de cet homme à la construction du Burkina Faso ne sont pas suffisamment valorisés. Ils ont alors mis en place le « Mouvement Justice pour Inoussa Sankara».  Plus de précisions sur cette initiative dans cet entretien accordé à Kamanews par le porte-parole de la structure, Pierre Ouédraogo.

Kamanews : Qu’est-ce qui justifie la création d’un « Mouvement Justice pour Inoussa Sankara» aujourd’hui ?

Pierre Ouédraogo : C’est pour répondre à un besoin. A notre avis, il y a, quelque part, une injustice, une absence d’équité dans le traitement qui est fait aujourd’hui de l’image de Inoussa Sankara. C’est comme si des gens voulaient faire oublier son passage sur cette terre et, pire, ternir même sa mémoire.

Et comme si cela ne suffisait pas de vouloir porter atteinte à cette mémoire, des gens veulent nuire à l’image de ses enfants, de toutes ces personnes qui sont convaincues que Inoussa Sankara a été et restera une des grandes figures de notre pays.

C’est un monsieur qui a été l’auteur d’œuvres gigantesques pour tout le Faso et pour nous, il faut tout faire pour que sa mémoire reste présente dans les cœurs des Burkinabè.

Justement, pour les lecteurs de Kamanews qui n’ont pas une bonne connaissance de Inoussa Sankara, qui était-il ?

Inoussa Sankara est décédé un 31 mars, c’était il y a 17 ans. Le grand public l’appelait plutôt Sankara Inoussa. Il a contribué à valoriser nos langues nationales, et il s’y est personnellement investi. Il a ainsi été le premier animateur en langue  Mooré  à la radio nationale du Burkina.

Puis, quand est intervenue la libéralisation des ondes, il a créé la chaine des radios ‘’Energie’’, dont il était le Président directeur général. C’est à cette époque qu’il a pris le surnom de « Nékré », qui signifie, en langue Mooré, « réveil », en référence au travail d’éveil des consciences qu’il menait.

On peut ajouter aussi que Inoussa Sankara a été député en 1978.

Quelles sont les actions au programme de votre mouvement ?

Nous allons, premièrement,collectionner et rendre disponibles les grandes œuvres de l’homme. De la sorte, tous ceux qui voudraient s’informer sur lui sauront où aller.

Le 31 mars, nous comptons aussi organiser le 17e anniversaire de sa disparition.

D’une manière plus générale, notre action consistera à nous faire entendre, partout ou besoin sera, pour que éviter une seconde mort à Inoussa Sankara.