Paul Kaba Thieba veut remettre les syndicats sur les rails

Le premier ministre Paul Kaba Thiéba a rencontré les syndicats ce samedi 25 février à la primature. Cette rencontre a pour but d’échanger avec eux sur le front social en ébullition. Pour le Premier ministre Thiéba, le principe de la concertation et du dialogue permanent est et restera la pierre angulaire des rapports entre le gouvernement et les organisations syndicales.

C’est pourquoi il s’étonne qu’au lendemain immédiat de la rencontre annuelle Gouvernement /Syndicats alors que le gouvernement est à l’œuvre pour respecter les engagements convenus, le front social est à nouveau en proie à une nouvelle tempête.

Le gouvernement comprend et respecte la lutte syndicale qui s’oriente vers l’amélioration des conditions de vie et de travail des employés a indiqué le Premier ministre. Cependant, dit-il, que lui et son gouvernement comprennent moins l’installation progressive d’une lutte qui se mue en tradition, et à travers laquelle tous les points sont au même niveau d’importance et donnent lieu à des débrayages systématiques souvent sans préavis, sous forme de sit-in et menaces de grève à longue durée. 

Pour le premier ministre tous les efforts du gouvernement pour donner une suite réaliste et réalisable aux revendications sont vains parce que les plateformes se succèdent les unes après les autres et se comptabilisent en séries de plusieurs dizaines avec la possibilité qu’un seul de ces points non satisfaits soit motif de débrayage.

Quelles sont les motivations de cette agitation frénétique et contagieuse qui menace la paix sociale ? Se demande le chef du gouvernement qui pointe du doigt l’accumulation des problèmes sous le régime déchu en premier lieu, les rivalités entre les corporations syndicales et enfin comme autre source la volonté de certaines organisations et certains acteurs politiques de se servir d’agitations syndicales comme piédestal pour l’atteinte de leurs objectifs politiques.

“Nos marges de manœuvre sont limitées avec une masse salariale au-dessus de 40% des ressources propres de l’Etat” fait remarquer le chef du gouvernement et “baisser les impôts en augmentant les charges ne peut que plomber les efforts de reconstruction du pays” ajoute-t-il. Pour le PM, satisfaire toutes les revendications de toutes les organisations syndicales signifie “diktat des fonctionnaires, égoïsme et anarchie, ou tout simplement dictature de la petite bourgeoisie des services sur le reste du peuple”.

Le gouvernement a invité les syndicats à une introspection collective et les suggère une trêve sociale pour accompagner l’effort de dialogue du gouvernement.

Compte tenu de l’ampleur du discours du premier ministre, le président de mois des centrales syndicales Paul Kaboré a indiqué que les syndicats allaient se concerter avant de revenir. Néanmoins il a indiqué que la situation sociale actuelle relève de la responsabilité du gouvernement. Pour lui c’est le non-respect des engagements pris par le gouvernement lors de différentes rencontres qui a engendré cette fronde sociale. Cependant les centrales syndicales disent rester ouvertes pour un dialogue social apaisé.