Pagne du 8 mars : le gros mensonge en route

La recommandation, bien forte, émane du conseil des ministres du 2 septembre 2015. Lors de son hebdomadaire rencontre, le gouvernement a dit inviter les Burkinabè “au port du Faso Dan Fani lors des festivités marquant la journée internationale de la femme au Burkina Faso”.

Littéralement, le Faso Dan Fani est le “pagne tissé de la patrie”.  

Mais aujourd’hui, force est de constater que des commerçants ont décidé de saboter cette invite à traduire, en actes, le slogan “consommons burkinabè”. Sans scrupule, ils ont bonnement convoyé en Chine des échantillons de Faso Dan Fani, pour y fabriquer des copies industrielles du “pagne tissé de la patrie”.  

Ce faux Faso Dan Fani est en commercialisation sur le marché national.

“Si l’on reconnait facilement un Malien par son boubou, un Béninois par son ensemble pagne, on devrait désormais identifier le Burkinabè par son Faso Dan Fani », avait déclaré, en août 2015, Frédéric Nikièma, alors ministre de la Communication.

Cette fierté d’être Burkinabè, certains de filles et fils du Faso n’en ont que faire. Mais leur permettre de continuer impunément, c’est autoriser un attentat contre le développement de tout un pan de l’économie du Faso.

En effet, développer une consommation de notre Faso Dan Fani, c’est au moins donner de l’espoir au cotonculteur, à la tisserande, à la teinturière, à la vendeuse de pagnes tissés, ou encore au créateur de mode.

Du côté du ministre de la Femme, on semble s’accommoder de cet affront orchestré par un groupe d’hommes et de femmes d’affaires. Laure Zongo Hien, la patronne du département, a-t-elle fait le choix de ne pas se mettre à dos ce clan qui, déjà sous l’ère Compaoré, imposait annuellement un pagne à porter aux femmes du Burkina?