Les blessés de l’insurrection en colère contre Zeph

Le bureau de l’association des blessés de l’insurrection populaire du Burkina Faso (ABIP-BF) ont animé une conférence de presse le 21 avril 2017 pour informer l’opinion sur la situation de leur structure. Ils se sont prononcés sur des questions liées à l’actualité notamment les sorties de la CODER, le silence de Zéphirin Diabré et la réconciliation nationale.

L’ABIP-BF n’a pas manqué de tirer à boulets rouges sur la CODER. « La démarche de la CODER pour nous est une insulte au peuple insurgé. Nous condamnons fermement cela et nous invitons la nation entière à faire preuve de vigilance contre cette entreprise menée majoritairement par ceux qui ont tenu mordicus à la modification de l’article 37 et qui n’ont pas eu le courage de condamner fermement le putsch manque de septembre 2015 ». Tel est le propos des blessés de l’insurrection. Et ils vont plus loin. Et les blessés font cette précision : “nous rappelons à la CODER et à ses complices de nuit que la réconciliation ne saurait faire l’objet de marchandage politique et ne saurait être efficace sans avoir essuyé les larmes des parents de nos martyrs et pansé les plaies des blessés”. 

Et quand Ablassé Ouédraogo affirme que “Blaise Compaoré a pardonné”, il n’en faut pas plus que la colère des blessés de l’insurrection monte. “C’est le monde en l’envers. Est-ce que c’est le peuple burkinabè qui doit pardonner à Blaise Compaoré ou c’est Blaise Compaoré qui doit pardonner au peuple burkinabè ? C’est nous qui devons pardonner et il ne faudrait pas “faire de l’amalgame” crie un membre de l’association. S’il faut aller à la réconciliation “nous sommes partants” disent-ils mais, il faut la vérité et la justice d’abord.

Ils en ont également gros sur le cœur à propos du silence des partis membres de l’ex-CFOP et leur chef file, Zéphirin Diabré. “Il a été le fer de lance de l’insurrection populaire” disent-ils, d’où l’incompréhension de son silence. En plus, “c’est lui qui a lancé l’appel de sortir pour combattre l’ancien régime. Au jour d’aujourd’hui, au moment où je vous parle, l’association n’a jamais reçu un coup de file de ce monsieur pour demander à savoir est ce qu’on vous a bien soigné, quels sont vos problèmes, on s’en fout. Aujourd’hui, même s’il n’a pas le pouvoir, il doit pousser le pouvoir à faire quelque chose pour ces gens parce qu’il est comptable de ce qui nous est arrivé” lancent-ils, mécontents.