La justice militaire se justifie

Le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire a organisé un point de presse ce lundi 23 janvier afin de “lever toute équivoque sur un certain nombre d’interrogations sur le déroulement de la procédure et un certain nombre d’informations erronées” sur le procès de Ouédraogo Madi et 28 autres. Pour le commissaire du gouvernement, Alioun Zanré, le procès s’est bien déroulé malgré quelques incidents de procédures inhérents au déroulement normal d’un procès criminel. 

Sur la question du refus du tribunal d’auditionner un “acteur clé”, Ido Claude, le parquet a indiqué qu’au sens de l’article 106 du Code de justice militaire, avant l’ouverture des débats, l’inculpé ou son conseil doit notifier au commissaire du gouvernement par simple déclaration au Greffe, la liste des témoins qu’il désire faire entendre. Chose qui n’a pas été faite. 

Aussi, la défense avait demandé la comparution de certaines personnes dont le témoignage serait nécessaire à leurs yeux, surtout après les déclarations du Caporal Madi à propos du complot ourdi par le Général Zida. Le commissaire du gouvernement explique que selon l’article 118 du Code de justice militaire, la décision de faire entendre de nouveaux témoins appartient au président du tribunal. Cependant, il affirme que les dénonciations de Madi peuvent faire l’objet d’une nouvelle procédure au sens de l’article 53 du Code de justice militaire s’il existe “des preuves suffisantes”.

En outre, les prévenus avaient laissé entendre qu’il y a eu des abus et des maltraitances pendant leur détention. Le Lieutenant-colonel Ouédraogo Sam Djiguibou, directeur des enquêtes a indiqué que dans leurs locaux tous les accusés ont eu droit à trois repas par jour et qu’aucun n’a dormi dans une cellule. Aussi, ajoute-t-il, personne n’a été forcé à signer des procès-verbaux.
Quand à l’enregistrement sonore qui a suscité des gorges chaudes, le commissaire du gouvernement a rassuré de son authenticité.